3000 montbéliardes en enfer

Elles devaient en rêver ces jeunes montbéliardes des prairies de Franche-Comté. Elles y ont sans doute même déjà goûté, à 20 mois on n’est plus un petit veau.

 

Mais pour elles, c’est terminé… Plus de vertes prairies, plus de longs mois dans les champs à brouter paisiblement et à rentrer en bande à l’étable, avec le chien qui agace à vouloir faire du zèle pour qu’on accélère le mouvement. Mais qu’on aime bien quand même. Plus de bonne herbe fleurie de sainfoin, de centaurée, de géranium et de campanule, plus de coups à boire entre copines à la rivière, même si on n’a pas trop le droit.

 

Direction la Russie. Pas la Sibérie, non, mais un autre goulag : la ferme-usine aux 6000 vaches, dans les Terres noires.

Un long voyage de 3200 kilomètres en bétaillère, profitons-en malgré l’inconfort et la peur, c’est la dernière fois qu’on voit la lumière du jour et quelques bouts de paysage, peut-être.

A l’arrivée, nous attendent des centaines de mètres carrés de hangar que nous partagerons avec 3000 jersiaises, sœurs d’infortunes. Nous sommes 6000 dans l’usine à lait, 6000 à n’avoir pour horizon que le béton, le métal, les murs de la prison, la tristesse sans nom que nous nous renvoyons en miroir…

Une vie de vache moderne, éclairée par les néons et rythmée par les traites. Une vie d’animal machine, choisi pour sa productivité, entravé dans une stabulation jour et nuit, sans paître ni marcher, parfois sans pouvoir même se retourner. Une vie de déprime, de détresse et de peur… 

Peur, quand on nous enlève chaque année le petit qui vient de naître, que nous avons juste le temps de lécher et qui disparaît, emmené loin de nous et enfermé dans une boite à veau, pour ne pas gâcher une goutte du précieux liquide. 

Détresse, de ne pas pouvoir garder près de nous ce nouveau-né, de ne pas pouvoir le protéger, le materner, car la voracité des hommes n’a pas de limites.

 

Et pourtant nous sommes sensibles, savez-vous ? Notre instinct maternel est bien réel, pourquoi ne vaudrait-il pas le vôtre ? Si un jour, en passant dans les champs ou près d’une étable, vous entendez de tristes meuglements, ceux du deuxième jour, celui où on nous enlève notre petit, écoutez-bien, vous comprendrez. C’est le prix du lait.

 

Source l’Est Républicain

 

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Commentaires : 5
  • #1

    fey anne marie (dimanche, 31 janvier 2016 22:02)

    c est ignoble ,ça ne doit pas exister ...on est au 21 eme siecle ,peuples civilises ...... ne doivent pas agir de la sorte ...

  • #2

    Gigon (mardi, 02 février 2016 15:48)

    On n'a pas deux coeurs un pour les humains et un pour les animaux, on en a un ou on n'en a pas.

  • #3

    brigitte C (mardi, 02 février 2016 21:11)

    Comme
    j aimerai que la conscience humaine se reveille ne trouveras t on jamais la paix pour ces animaux ne trouveras t on jamais qq d assez influant et puissant pour cela cesse enfin

  • #4

    Daniel WIDMER (jeudi, 04 février 2016 11:46)

    Les anabaptistes-mennonites qui ont créé la race montbéliarde doivent se retourner dans leurs tombes.

  • #5

    Sylvie (jeudi, 04 février 2016 23:03)

    Comme j'aimerais que la conscience humaine se réveille aussi !!
    Les "a3NIMAUX SONT DES ËTRES VIVANTS ? COMME LE SONT LES 3H3UMAINS ?