Zoo de Besançon, il est temps de dire stop !

martine landry

À Besançon, au sommet d’un promontoire, une citadelle du XVIIe domine la ville. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, lieu emblématique et touristique, ses vieux murs abritent plusieurs musées et… un zoo !
Oui un zoo, créé dans les années 60, avec ses petites cages coincées entre les remparts, prison sans horizon pour des dizaines d’animaux qui tournent en rond dans leurs minuscules enclos, grimpent aux barreaux pour voir au-delà des murs ; hélas, ils ne verront jamais que cette muraille dressée entre eux et la vie.
Une jeune lionne vient d’y mourir : Aya, née en captivité, que nous avions filmée plusieurs fois en train de faire des allers et retours sans fin dans les 500 m2 qui lui servaient de territoire, à elle et à son compagnon Hélios. Nous avons vu aussi le regard triste des tigres (700 m2), l’ennui du kangourou, la mélancolie des primates.
Nous avons été accablés de cette solitude, de cet abattement, de cet asservissement.

Et tout ça pour quoi ? Pour attirer les visiteurs, pour « émerveiller » les enfants (et leurs parents). Triste émerveillement que celui né de la vue d’un animal captif.
Nous ne voulons plus voir ça ! Nous ne voulons plus que Besançon, capitale de la biodiversité, abrite un sinistre lieu de servitude, de captivité et d’oppression ! Nous voulons des animaux libres !

L’argument de la conservation, scientifiquement recevable pour quelques rares espèces, n’est pas éthiquement acceptable.

Il serait tellement plus humain, plus juste, plus moderne, de faire découvrir autrement la faune protégée. Il existe aujourd’hui des techniques de réalité virtuelle, des expositions interactives, des hologrammes, qui permettraient de faire découvrir les animaux avec des images autrement plus belles que celles de bêtes tristes et mornes dans leur cage.

Nous voulons que la Citadelle entre dans le 21e siècle, nous voulons que les animaux soient accueillis dans des refuges et des sanctuaires ! Nous voulons que ce lieu patrimonial soit réellement un lieu de culture et d’humanité !

La pétition lancée le 16 janvier, qui a recueilli 45 signatures en 5 jours, demandait aux 9 candidats aux municipales à Besançon de se positionner clairement et concrètement sur le devenir du zoo. 

Ce qui a fonctionné au delà de nos espérances !  la presse a réagi très vite, 6 candidats se sont positionnés, parfois au delà du zoo et souvent de manière assez emblématique de la façon d’appréhender le sujet selon les tendances politiques. La mairie annonça ensuite une réflexion, un « master plan » pour définir un nouveau jardin zoologique. Beau résultat donc pour la pétition. La campagne se poursuivra tout au long de l’année, et selon les résultats des élections, en dialogue avec le ou la future maire, ou dans la rue et sur les réseaux

Les positions des candidats :

Anne Vignot et Besançon par Nature  (EELV-PS-PC-Génération.s-A Gauche Citoyens) « C’est une réelle décision politique qu’on doit prendre, cela ne se fait pas du jour au lendemain. C’est un très gros dossier. Il faut réunir des associations, des scientifiques… Si nous sommes élus, on posera la question du zoo sur la table de la municipalité en 2020 »  Elle annonce la création d’une délégation municipale à la condition animale si la liste est élue

Ludovic Fagaut (LR) souhaite une réorientation de l’espace zoologique. Selon lui, des animaux sauvages comme le lion « n’ont rien à faire dans un espace aussi petit ». Dans son programme, le candidat souhaiterait qu’il n’y ait plus d’animaux sauvages à la Citadelle pour les remplacer par des animaux de Franche-Comté tels que des poules, des chamois, des renards, etc.

Eric Alauzet (La République en marche) veut dispatcher les animaux dans les divers forts de la ville, pour qu’ils aient ainsi plus d’espace

Alexandra Cordier (dissidente LRem) veut une délégation au bien être animal tout en affirmant « le jardin zoologique de notre Citadelle est sous le feu de critiques disproportionnées ». « Il s’agit d’un jardin zoologique, et non pas d’un zoo. C’est un atout majeur pour préserver la biodiversité. Nous avons en effet la chance d’avoir à Besançon un espace zoologique et scientifique reconnu mondialement « 

Jacques Ricchiardeti (RN) veut remplacer la faune sauvage exotique par « des animaux de chez nous »

Jean Philippe Allenbach (Régionaliste) veut fermer le zoo tout de suite et transférer les musées place de la Révolution

Suite à tout ceci, le maire Jean Louis Fousseret réagit et annonce  « une réflexion en vue de la création d’un « master plan » pour définir « un nouveau jardin zoologique » .